Ma vie selon... moi !

20 juin 2013

Culpabilité... cette bitch !

La culpabilité.

Ce sentiment insupportable qu'on se ramasse en pleine tronche à peine entrée dans le monde de la maternité.

Ce sentiment qui bouffe les tripes d'une mère à chaque décision, à chaque choix, à chaque erreur.

Ce sentiment qui rend amer ou honteux, qui fait comparer, jalouser, envier, rejeter.

tout-le-poids-du-monde-a18742455Quand je suis devenue mère, cela fait partie des toutes premières choses que j'ai déclaré à autrui, quand on me demandait ce que ça me faisait de devenir maman. "Quand tu deviens mère, dans le pack complet, tu reçois aussi la culpabilité". Et ça, pour s'en défaire, c'est vraiment coton. C'est pour ça que je me permets une grossièreté. La culpabilité, c'est une vraie bitch qui te ronge de l'intérieur. Ça te colle à la peau, cette saleté, et c'est vraiment un travail intérieur de tous les instants pour la faire taire.

Quand la société s'en mèle, ça n'est pas mieux. Et c'est vers ça que voguent mes propres réflexions. Cela fait de nombreuses années que je me promène sur le net, que je lis et relis des mamans, sur différents supports et sur différents sujets. Et s'il y a bien un sujet sur lequel je me plairais à faire une thèse, c'est bien celui-là : la culpabilité.

Il y a tant à dire et tant à interpréter autour de ce thème qu'un simple billet n'en fera jamais le tour, même le simple tour d'horizon. Mais ça vaut quand même le coup de s'y pencher ne serait-ce qu'un peu.

Pour ma part, j'ai une vision très précise de la culpabilité, et elle ne plaît pas souvent. Parce qu'elle replace la faute sur la personne elle-même, on me nargue alors de culpabiliser encore plus la personne. Mon but n'est jamais là. Étant moi-même une grande culpabilisée, cela me ferait mal de l'infliger à autrui, mais je regarde cette situation toujours de l'autre angle. Celui de l'intérieur.

Avant j'avais tendance à penser d'une certaine manière. En résumé, à rejeter. La culpabilité, c'est la faute de l'autre. C'est la société qui me culpabilise, c'est cette mère "parfaite" qui me culpabilise, ce sont mes parents/le médecin/le prof/l'inconnu/mon propre enfant qui me culpabilisent. Et puis un jour, j'ai lu quelque chose qui m'a bouleversée. De ces phrases qui te font l'effet d'une grande gifle, qui font tourner ta tête trois fois pour te la remettre en place. De ces phrases que tu rejettes violemment au premier abord, puis qui s'insinuent, qui font leur bonhomme de chemin et qui ouvrent ton esprit à une autre possibilité.

Quand tu te lèves le matin,
remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force.
Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre.
Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi-même.

Tecumseh (chef indien des Shawnees)

La faute réside en toi-même. Hard non ? La première fois que je l'ai lue cette phrase, je l'ai décortiquée dans tous les sens ! Pour moi, elle était clairement fausse. La faute n'est pas toujours de son propre ressort. Non ! Néanmoins....
(attention, ce qui suit, c'est le cheminement qui s'est produit en moi après cette lecture, quand j'ai commencé à décortiquer la réalité, MA réalité de vie et en confrontant cette déclaration)

Si tu as un sale boulot qui te pourrit la vie et que tu ne trouves pas le courage de remercier au lever le matin, ça n'est pas de ta faute... Mais tu pourrais changer de travail, prendre ta vie en main.

Oui, mais j'ai besoin de ce travail, pour l'argent qu'il permet à mon foyer de vivre, parce que je ne trouverais pas mieux ailleurs, parce que je n'ai pas le choix... Nous avons toujours le choix, encore faut-il le vouloir vraiment, ou prendre la force de le vouloir.

Si tes enfants sont insupportables, alors que tu estimes faire de ton mieux, ça n'est pas ta faute. Pourtant, c'est toi le parent, et eux les êtres en construction. C'est toi qui a le cerveau le plus abouti, l'expérience, et c'est ton rôle d'être leur éducateur. S'il y a un problème, il est de ton ressort de trouver une solution.

Cette mère qui revendique l'allaitement me fait culpabiliser d'avoir choisi le biberon. C'est sa faute, pas la mienne. C'est la société qui me fait culpabiliser. Pourtant le choix tu l'avais, pourtant si tu l'assumes, tu t'en ficherai de ses choix à elle.

Enfin, bref, je peux continuer longtemps encore, parce que c'est la vérité, cette phrase depuis de nombreux mois, je l'ai ressassée, je l'ai tournée dans tous les sens, je l'ai manipulée, observée, confrontée. Et pourtant quoi que je puisse dire, je n'ai jamais réussi à la réfuter. Quelle que soit l'affirmation que je posais, l'idée à laquelle je m'accrochais, j'arrivais toujours à revenir à cette conclusion qui m'avait fait tant horreur à ma première lecture. La faute réside en moi, encore et toujours.

A partir du jour où cela a germé en moi, je n'ai plus regardé l'extérieur. Je n'ai plus pointé du doigt, je n'ai plus rejeté (enfin "plus" est un grand mot, je suis humaine et pleines de défauts, je n'ai pas changé radicalement, mais cela se fait progressivement), j'ai commencé à penser différemment :

Qu'est-ce que cela éveille en moi ?
Pourquoi est-ce que je ressens de la culpabilité à la lecture/vision/confrontation de cette information ?
En quoi ne suis-je pas claire avec moi-même ?

A partir de ce jour-là, j'ai commencé (et ça continue, puisque ça continue de grandir en moi) à me sentir plus légère. Comme un poids qui s'envole. pourtant, en toute honnêteté, la culpabilité je la vis encore et toujours, j'en ressens toujours énormément, à chacun de mes pas, à chaque décision, chaque erreur, chaque choix, ou à chaque fois que je suis confrontée à une autre manière de faire, une autre vision. Mais ce qui m'a allégée, c'est la façon d'accueillir ce sentiment. Aujourd'hui, la culpabilité, cette saleté de bitch comme je l'appelais, est presque devenue une amie, une compagne de route. Quand elle se déclare, elle me permet de m'interpeller sur quelque chose à travailler en moi. Elle m'apporte la possibilité de m'améliorer. Oh pas m'améliorer pour être mieux pour la société ou pour autrui, non, juste pour être au plus juste avec moi-même, pour être en paix avec moi et mes valeurs.

Je conclurai cette petite réflexion sur le deuxième des Quatre accords Toltèques, qui rejoint sensiblement ce que j'ai tenté de développer :

" Quoi qu'il arrive, n'en faites pas une affaire personnelle "

Posté par Saphaëlle à 08:00 - A vous ! [0] - Permalien [#]
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