Ma vie selon... moi !

17 juin 2013

Deux enfants par jour...

Je commencerai ce billet en renotant ce que j'ai écrit sur mon forum maternant, parce que ce fut vraiment mon sentiment profond, à la suite de ce que j'avais lu ici. Après cette lecture, en revenant donc sur ce forum, où je lisais mes mamans en proie aux critiques face à leurs choix d'éducation :

Vous avez raison, quoi qu'on vous dise.

Deux enfants par jour.

Deux enfants !

14 enfants par semaine.

Une classe par quinzaine.

Alors quand bien même, on vous déboute, on vous critique, on vous nargue, on vous moque, on vous targue de mieux savoir, on vous raille, on vous rabaisse, on vous culpabilise. Quand bien même.

Continuez. Continuez encore et toujours. Elevez-les respectueusement, dans le respect de leur personne, de leur être, de leur corps. Aimez-les éperdument, élevez-les à la hauteur de ce qu'ils sont, soutenez-les, embrassez-les, câlinez-les, adorez-les, aimez vos enfants.

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Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'information, deux enfants par jour en moyenne meurent sous les coups des adultes, la plupart du temps leurs parents.

Alors je ne vais pas retracer des statistiques, je ne vais pas étaler ce qui a déjà été dit et re-dit, et je dirais surtout que Working Mama l'a très bien fait et autant aller la lire sur ce coup-là.

J'ai surtout envie de parler de moi et puis ensuite de parler "concret".

Je n'ai pour ainsi dire jamais grandi sous les coups. Le peu de fessées que j'ai reçues, je ne les tiens pas de ma mère, ni de mon père, mais je m'en souviens encore. Je me souviens surtout de la douleur éprouvée, de la honte éprouvée, je me rappelle encore très nettement ne pas avoir compris pourquoi, ne pas voir le mal que j'avais fait et qui méritait qu'on me frappe. J'ai trente ans et je m'en rappelle encore. J'ai grandi par contre sous la violence verbale, l'insidieuse et la sournoise, celle qui ne donne pas de coup, mais laisse autant de belles séquelles.

J'ai toujours gardé en moi un besoin de non violence. La violence me rend malade, me donne la nausée. Quand mon fils aîné a commencé à tester son environnement, emportée par ce que je connaissais de l'éducation d'un petit, j'ai levé la main pour taper sur la sienne. J'ai arrêté mon geste directement. Éprouvé cette nausée. Regardé mon tout petit d'à peine 18 mois et non. Je ne pouvais pas. Je n'aurais pas pu faire ça. Et il me fallait trouver d'autres moyens. Cela n'a pas été facile et encore aujourd'hui. J'ai quelques fois levé la main, dans l'exaspération, surtout de façon intuitive en réaction à une douleur reçue principalement. J'en ai pleuré, je m'en suis voulue. Mais je me refuse à m'enliser dedans.

C'est "marrant" parce qu'en choisissant de recommencer mon blog, je planche depuis plusieurs jours sur un premier article (le syndrome de la page blanche ?). Et ce premier, comme pour excuser mon absence, parlait de mon second fils. Et quelque part, en fait, je ne suis pas très loin en écrivant cet article. Mon fils cadet est un bébé aux besoins intenses, ça j'y reviendrai par la suite, ça mérite des pages et des pages tout ça ! Mais au jour d'aujourd'hui, mon joufflu m'a vraiment amenée dans mes pires retranchements. Même si ce fut parfois difficile, ma grenouille de fils aîné (faut le voir pour comprendre ^^) a toujours été un enfant assez "facile" dans l'ensemble. On a passé des vagues terribles mais on a toujours assez vite retrouvé le cap, et puis c'était un bébé de magasine, ça aide à établir une base solide et confortable. Oui, quand on peut dormir 12 à 15h par nuit après le 2e mois de vie de bébé, on se sent déjà bien solide pour travailler son envie d'éducation non violente, même malgré une DPP, ça aussi j'y reviendrai un jour.

Par contre, quand on enchaîne des nuits blanches ou à 3-4h de sommeil max, quand on doit supporter des pleurs, hurlements, cris, gueulantes, chouineries intenses du matin au soir et soir au matin. Quand on bénit le ciel après de nombreux mois d'arriver à avoir 15 min de bain seule et tranquille, ou quand on n'a plus jamais goûté au plaisir d'aller aux wc seule ET sans hurlement à côté, d'un coup, les choses deviennent un petit peu, un peu plus, un peu beaucoup, très très beaucoup difficiles à vivre. Plusieurs fois, j'ai failli être violente. Plusieurs fois en tout cas, j'ai gueulé, j'ai hurlé, j'ai pleuré des litres de larmes.

Pourtant je suis radicalement pour la non-violence, je refuse la fessée, la tape, la gifle, je refuse les étiquettes, les sermons, les punitions, l'injustice parentale, la violence verbale. Pourtant je suis presque tombée dedans. Par épuisement, par dépit, par solitude, par honte de ne pas avouer mon épuisement, parce que mes outils ne me tombaient plus aussi facilement entre les mains.

Bien souvent, on voudrait bien faire. On en a super envie, on est motivé. Mais derrière tout cela, il y a l'héritage familial, le bagage qu'on se traîne, l'éducation reçue, l'idée préconçue qu'on se fait de l'éducation, les idéaux sociétaux auxquels on est confronté, l'entourage qui intervient, bref, un sacré parcours bien semé d'embuches. Néanmoins, des outils existent, un tas d'outils, des livres intéressants n'attendent que d'être lus, des brochures examinées, des habiletés à être apprises. Encore faut-il les connaître, au moins en entendre parler. Voici alors tout ce que j'ai pu glaner depuis quelques années, voici ce que je peux, maigrement, mais de tout mon coeur de maman, faire pour contribuer à casser ce cercle de violence qui nous entoure quotidiennement (à défaut de prendre ma petite famille sous le bras et de filer vite vivre en Suède).

La liste est bien entendue non exhaustive, et ne demande qu'à s'allonger de vos contributions !

Pour la lecture :

  • "Au coeur des émotions de l'enfant", Isabelle Filliozat, Marabout
  • "J'ai tout essayé", Isabelle Filliozat, JC Lattes
  • "Il n'y a pas de parent parfait", Isabelle Filliozat, Marabout
  • "Le concept du continuum", Jean Liedloff, Ambre
  • "La Fessée : Questions sur la violence éducative", Olivier Maurel, La Plage
  • "Bien comprendre les besoins de votre enfant", Aletha Solter, Editions Jouvence
  • "Mon bébé comprend tout", Aletha Solter, Marabout
  • "C'est pour ton bien, racines de la violence dans l'éducation de l'enfant", Alice Miller, Editions Aubier
  • "Eduquer sans punir", Thomas Gordon, Marabout
  • "Parents efficaces", Thomas Gordon, Marabout
  • "Parents bienveillants", Noël Janis-Norton, Editions L'Instant Présent
  • "Poser des limites à son enfant et le respecter", Catherine Dumonteil-Kremer, Editions Jouvence
  • "Pour une parentalité sans violence", Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Editions Jouvence
  • "Ne pleure plus bébé !", Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Editions Jouvence
  • "La communication non-violente au quotidien", Marshall Rosenberg, Editions Jouvence
  • "Parents épanouis, enfants épanouis", Adele Faber et Elaine Mazlish, Relations Plus
  • "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent", Adèle Faber et Elaine Mazlish, Relations Plus
  • "Jalousies et rivalités entre frères et soeurs - Comment venir à bout des conflits entre vos enfants", Adele Faber et Elaine Mazlich, Stock
  • "Parler aux ados pour qu'ils écoutent, les écouter pour qu'ils parlent", Adele Faber et Elaine Mazlich, Relations Plus

parler-pour-que-les-enfants-écoutent-écouter-pour-que-les-enfants-parlent

Pour les brochures, magasines et sites internet :


Pour s'entourer, pour s'entraîner, pour apprendre ensemble, des ateliers et des associations existent :

[En Belgique]

[En France]

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Posté par Saphaëlle à 08:00 - A vous ! [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Les coups ne servent à rien, mais comment se faire respecter l'éducation des enfants n'est pas facile on apprend sur le tas. je vais te raconter une histoire vrai.
    Mes deux premiers garçons étaient séparés de 18 mois à peine, bref c'était presque comme des jumeaux, j'ai passé comme toi, des nuits sans dormir etc.. Puis je suis allé voir un pédiatre et lui ai expliqué mon problème: mes enfants très turbulents, nerveux, plein de vie quoi. Il m'a répondu ceci:
    - Madame, quand vous serez plus calme , vos enfants se calmeront aussi; Et il avait raison; On transmet nos angoisses, notre nervosité à nos petits.

    Posté par marie341, 01 octobre 2013 à 15:59

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